La céramique « Bledea »

Personnage charismatique, anciennement chimiste, cet homme a disposé de son intelligence au service de son art : la céramique.
Dans le plus grand des secrets, Blédéa présente une céramique entre arts et traditions, à mi chemin du bois, du cuir et de la terre brulée.

Constamment à la recherche de la perfection, forte de sa créativité, la famille Blédéa s’est dotée d’un brevet d’innovation et de plus de 200 diplômes.

artisan-bledea-01
artisan-bledea-02

Le bois tourné, façon « magyar »

 » Un jour, j’ai vu une assiette en bois et j’ai voulu savoir faire « .

Après dix ans de pratique, cet artisan ( d’origine magyar ) passionné, doué, soigneux et inventif à su transcrire à son savoir-faire, du caractère.
En tournant avec minutie diverses essences de bois : l’aulne, le hêtre, le noyer, le frêne, le merisier, le prunier, le poirier… Il donne naissance à des verres à pied, hanap, gobelets et une multitude d’objets utiles ( cuillères, fourchettes, écuelles, boîtes à épices, pilons, … ).

échiquier traditionnel de Transylvanie

Deux hommes perpétuent la fabrication du jeu d’échec traditionnel de Transylvanie. L’un s’organise afin de tourner les pièces du jeu alors que l’autre prépare les tables.

Le tourneur sélectionne d’abord le calibre et la longueur de ses morceaux de noisetier pour tourner les pièces dans 4 formats différents.

Après avoir tourné les pièces rapidement et avec précision, elles sont vernissées à 5 reprises.

Dans une autre pièce, toujours d’un travail précis et manuel, les tables de jeu d’échec sont préparées en hêtre ou en frêne à l’extérieur et en peuplier pour le plaquage intérieur. De même que pour les pièces, les tables sont vernies à plusieurs reprises.

artisan-kovacs-03
artisan-kovacs-04
artisan-kovacs-05
artisan-kovacs-01

Le bois sculpté, façon « lingurar »

Issu de l’ethnie des « rudar », peuple migrateur de Serbie du Sud qui a rejoint la Valachie au VIIe siècle, le « Lingurar » ( l’homme qui travaille le bois où le faiseur de cuillères ) perpétue une technique liée à sa culture et ses traditions :
Tailler et sculpter des écuelles, des assiettes en utilisant habilement hachettes et herminettes. Sa spécialité restant la conception de cuillères et louches représentatives du savoir-faire familial.

Comme il le dit, sa technique de travail lui a été transmise par ses parents dès l’âge de 15 ans.
Il précise aussi que les outils et les bois utilisés ( peuplier et saule ) sont spécifiques à ce savoir-faire traditionnel qui est reconnu comme un art populaire en Roumanie.
A maintenant 55 ans, l’élève est devenu un « maître ». Chacun de ses coups est réalisé avec une grande agilité et précision.

artisan-dumitru-02
artisan-dumitru-03
artisan-dumitru-04

Le tissage

Dans la région des Maramures, à l’orée de l’Ukraine, des femmes tissent des couvertures, tapis et coussins en laine de brebis typiques à leur village. Considéré comme « patrimoine familial », ce savoir-faire a été transmis de générations en générations.

Chaque famille possède un troupeau de brebis pour en récolter la laine et ainsi subvenir au besoin annuel de fabrication. Quand vient le temps des pâtures, se forme la stana, un berger est alors chargé de garder une majeure partie des brebis du village. (ce qui permet de simplifier la gestion du troupeau.)
Dans des conditions rustiques et authentiques, les couvertures et autres monstres de laine sont réalisées selon de vieilles méthodes.
Après avoir transformé la laine ( tonte des brebis, cardage, filage au rouet et lavage à la rivière ) puis préparé certaines couleurs à l’aide de plantes tinctoriales, les femmes utilisent un métier ( patrimoine familial ) et tissent selon la technique du point en sergé représentatif du moyen-âge.

Pour information, à l’époque communiste, une coopérative regroupait environs 1200 tisserandes. Maintenant, chaque famille assume sa production et compte sur la vie paysanne pour assurer les besoins de la vie quotidienne.

En savoir plus

Céramique vernissée dite « à la gaitsa »

Constantin Brancoveanu (1654-1714), prince de Valachie, connu pour son goût architectural et son engagement culturel, fit venir deux familles de potiers d’Athènes afin que ces derniers réalisent la vaisselle des nobles du palais.

Ainsi, la céramique à la gaïtsa migrait…
Vers le milieu du XXe siècle, un grand maître potier : Victor Vicsoreanu s’inspira de la technique et y adapta son propre style.

Par la suite, de nombreuses familles s’approprièrent la technique et peuplèrent le village de potiers.
Aujourd’hui, la poterie est transmise de père en fils mais il ne reste que peu d’hommes et de femmes qui font que l’histoire continue.

Désormais Patrimoine des Arts Populaires de Roumanie, la céramique dite à la « gaitsa » est issue du centre de poterie le plus important du pays connu depuis le Moyen-Âge. Les techniques et décorations utilisées s’inspirent de méthodes liées au temps jadis de l’époque byzantine.

En savoir plus